Le temps suspendu des images

Il y a, chez Sarah, une attention particulière au temps. Le temps long. Celui des gestes répétés, des images fabriquées à la main, des œuvres qui ont traversé les décennies sans perdre leur force. Crayons & Cellulos est née de ce rapport intime au temps, et d’un désir : redonner leur juste place aux dessins d’animation originaux.

Formée à la gestion et à la finance, Sarah Hodak a longtemps évolué dans des univers où tout devait être rationnel, mesurable, justifié. Mais en parallèle, une autre sensibilité se construisait, nourrie par les films de l’enfance, les images que l’on regarde d’abord sans les analyser, puis que l’on redécouvre adulte, différemment.

« Enfant, je regardais les dessins animés sans me poser de questions. Plus tard, j’ai voulu comprendre comment ces images existaient. »

Ce basculement marque la naissance de Crayons & Cellulos. La galerie se construit à contre-courant, avec une exigence presque silencieuse : ne montrer que des œuvres authentiques, réellement utilisées dans la production de films ou de séries. Des dessins qui ont servi, manipulés, parfois corrigés, loin de toute imagerie décorative.
Chez Crayons & Cellulos, l’animation n’est pas un souvenir figé. C’est un langage graphique. Un patrimoine encore fragile, souvent mal compris en Europe, que Sarah Hodak défend avec pédagogie et précision. Chaque pièce est sélectionnée pour ce qu’elle raconte du processus créatif, pas seulement pour ce qu’elle représente.

Cette approche est profondément liée à son rapport personnel aux objets. « J’aime les choses qui ont vécu, qui portent une trace. » Rien d’ostentatoire ici. Les encadrements sont sobres, les matériaux choisis pour durer, l’ensemble pensé pour s’intégrer dans un intérieur contemporain sans artifice.

La galerie s’adresse à des collectionneurs sensibles à l’histoire, mais aussi à des amateurs qui découvrent cet univers pour la première fois. Certains viennent chercher une œuvre iconique, d’autres une pièce plus discrète. Tous repartent avec une image chargée de sens — et souvent, avec un regard transformé.

Aujourd’hui, Crayons & Cellulos avance lentement, volontairement. À l’image de sa fondatrice. Une galerie qui ne cherche pas l’effet, mais la justesse. Et qui rappelle, en filigrane, que derrière chaque image animée se cache une œuvre immobile, silencieuse, essentielle.

Sarah Hodak & Crayons & Cellulos, l’art de l’animation comme patrimoine

Chez Sarah Hodak, la précision n’est pas un réflexe professionnel : c’est une manière de regarder. Chez Crayons & Cellulos, cette exigence devient une ligne curatoriale. L’une et l’autre avancent ensemble, dans un même mouvement, avec la même conviction : l’animation mérite d’être regardée comme un art à part entière.

Longtemps, Sarah Hodak évolue dans un univers éloigné de l’image. Formée à la gestion et à la finance, elle travaille dans des environnements structurés, normés, où chaque décision se mesure. Mais parallèlement, un autre territoire se dessine, plus intime : celui des images qui ont marqué l’enfance collective, des dessins que l’on croyait reproductibles à l’infini, et qui se révèlent soudain uniques.

Crayons & Cellulos naît de cette bascule. D’un constat simple : en Europe, les dessins et celluloïds originaux d’animation restent largement méconnus, souvent confondus avec des reproductions décoratives. Là où le marché américain reconnaît depuis longtemps leur valeur patrimoniale, Sarah choisit d’installer une galerie exigeante, presque pédagogique, tournée vers l’authenticité et la transmission.
« Un dessin de production n’est pas une image finie. C’est un outil de travail. Il porte des traces, des corrections, parfois des hésitations. C’est ce qui le rend vivant. »

Ce rapport au processus irrigue toute la galerie. Chaque œuvre est sélectionnée pour son rôle réel dans la fabrication d’un film ou d’une série : Peanuts, Disney, Garfield, Pink Panther… Des icônes populaires, mais abordées ici sans nostalgie facile. Ce qui intéresse la galeriste, c’est le geste, la main, la place exacte du dessin dans la chaîne de création.

Chez Crayons & Cellulos, rien n’est laissé au hasard : provenance documentée, cohérence historique, matériaux d’époque. Les encadrements sont pensés comme des écrins discrets, les matériaux choisis pour la conservation à long terme. L’approche se veut muséale, sans jamais être figée.

Ce souci du détail fait écho au parcours de Sarah Hodak elle-même. Habituée aux chiffres, aux structures solides, elle applique à l’image une rigueur inhabituelle dans ce domaine. Mais cette rigueur n’exclut pas l’émotion. Au contraire.

« Je crois beaucoup à l’idée de vivre avec une œuvre. Un dessin d’animation peut trouver sa place dans un intérieur contemporain, sans être déguisé ni sur-esthétisé. »

La galerie s’adresse ainsi à une clientèle internationale, souvent collectionneuse, parfois novice, toujours curieuse. Certains viennent pour l’histoire, d’autres pour la valeur patrimoniale ou l’investissement. Tous repartent avec une pièce qui raconte un fragment de l’histoire de l’animation — et un regard différent sur ce qu’ils pensaient connaître.

Aujourd’hui, Crayons & Cellulos s’impose comme une voix singulière sur un marché en pleine redéfinition. Ni boutique, ni simple plateforme, la galerie défend une vision : celle d’un art populaire devenu patrimoine graphique. Une vision portée par une galeriste qui avance avec méthode, sensibilité et une attention constante au sens des images.